Mon rapport avec les bébés.

Actuellement, j’ai 23 ans. J’ai passé ma vie à l’école et je suis en passe de terminer mon Master 2. Le plus merveilleux des Hommes, lui, a 25 ans. Il a eu le courage de reprendre ses études et est également sur le point de les terminer. Après cela, il faudra que nous trouvions, tous les deux, un travail correspondant à nos formations et enfin un chez-nous qui va peut être nous contraindre à déménager… loin. Les quelques mois à venir voire l’année qui va suivre s’annoncent chargés et déjà suffisamment effrayants. En plus de tout cela, les bébés ont envahi ma vie.

BebeC’est simple, en ce moment, j’en vois partout : copines, anciennes collègues, amies ou famille d’amies. Les bébés débarquent par dizaines autour de moi et là, ça devient dur. En effet, voir toutes ces mignonnes petites bouilles, je ne peux pas dire le contraire, ça crée l’envie. Je sais que Chéri-Lou est prêt mais moi, assurément, non. Que se serait une drôle d’idée de faire venir une petite crevette alors qu’on a tous les deux du retourner chez nos parents et que notre avenir est loin d’être tracé! Et pourtant, ça crée l’envie.
Mais malgré cette envie, je veux profiter de notre jeunesse. Je veux que l’on voyage, que l’on découvre des paysages, que l’on fasse de nouvelles rencontres, que l’on ait de nouvelles expériences. Je veux que l’on puisse profiter l’un de l’autre en toute innocence, simplement passer l’un à côté de l’autre les jours dans un train train rassurant et confortable. Je veux aussi qu’on se stabilise financièrement aussi. Car là, c’est un peu la zone de turbulence pour ma part. A la différence de Chéri-Lou, j’ai toujours connu les bancs de la fac. J’ai donc envie, une fois que tout ça sera terminé, de profiter un peu de la vie. D’avancer professionnellement un petit peu. De faire ce qui me plait, ce que je veux, ce que j’ai envie sans être contrainte par quelque chose (comprendre, en l’état actuel des choses, les cours à réviser). Mais malgré tout ça, je ne peux pas le nier, ça crée l’envie.

Ca crée l’envie car se serait le plus beau symbole de notre amour, car ça serait la plus belle chose que je pourrais offrir à Chéri-Lou qui attend cela depuis si longtemps. Pourtant, j’ai peur à l’idée de voir un petit bout entrer dans notre vie. Peur tout d’abord de ne pas réussir à m’en sortir, de ne pas réussir à lui offrir tout ce dont il aurait besoin. Peur aussi, il ne faut pas se le cacher, de voir mon corps changer. Peur qu’il ait quelque chose qui ne va pas. Peur aussi tout simplement de ne pas réussir à tomber enceinte. Il ne faut pas se leurrer, ça n’arrive pas qu’aux autres. C’est une possibilité à prendre en compte. Peur d’avoir mal. Peur d’avoir excessivement peur pour ce futur petit être.. Bref, tout un mélange de sentiments… Et c’est ça qui me fait me dire que non, définitivement, je ne suis pas prête. Pourtant… ça crée l’envie.

J’ai peur aussi de changer. J’ai l’impression que pour certaines, une fois qu’elles ont mis au monde leur enfant, les problèmes des Autres (comprendre, les sans-enfants) n’ont aucun intérêt. Se sont juste des futilités de la vie sur lesquelles il n’est même pas nécessaire de s’arrêter. Alors que le fait que leur nouveau-né ait perdu sa chaussette est une véritable catastrophe. Fort heureusement, j’ai autour de moi des mamans pour qui les Autres ont encore un intérêt et donc je me dis que tout n’est pas perdu :) Mais si, moi aussi, je devenais comme ça!?

Et puis j’ai peur aussi qu’on fasse entrer un petit être dans un monde de cinglés. On lit et on voit tellement d’horreurs au quotidien que souvent je me demande l’avenir que l’on prépare à nos enfants. Est-ce raisonnable de faire venir au monde un enfant, alors que la société part en sucette total?!
Mais je sais aussi que ce futur enfant ne manquera pas d’amour. Que ses futurs-parents l’aimeront, c’est certain. Son futur papa envisage déjà de l’inscrire à un sport de combat pour qu’il apprenne à se défendre, surtout si c’est une fille. Même si elle n’évoque pas beaucoup cette réalité, sa future grand mère maternelle est impatiente de lui tricoter de la layette. Il ne manquera pas de tontons et de tatas (que se soit de coeur ou de sang). Mais j’ai peur.
Laissons nous encore un petit peu de temps. Mais, il n’y a pas de doute, ça crée l’envie!